Portraits

Mon portrait dans je journal Ouest-France du 30 septembre 2016
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Mon portrait dans la gazette des communes du 18 janvier 2016
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Mon portrait Dans la lettre de la Haute-Normandie du vendredi 19 juin 2015

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Mon portrait par Libération

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LES NOUVEAUX VISAGES DE L’ASSEMBLÉE (15) Toutes les semaines, Libération.fr dresse le portrait d’un des 217 primodéputés. Aujourd’hui, l’élue de Fécamp, responsable des questions européennes au PS.

Par LILIAN ALEMAGNA

Elle fait partie d’une espèce – très rare – au Parti socialiste: ceux qui s’intéressent à l’Allemagne, qui y ont vécu et même parlent la langue. Du coup, Estelle Grelier n’est pas de ces socialistes tombés dans le mirage du «modèle allemand»«On idéalise nos voisins au motif qu’ils sont dans les clous budgétaires. Mais tout n’est pas aussi rose», dit la députée de la 9e circonscription de Seine-Maritime. La nouvelle responsable des questions européennes au PS étaye le propos: «On ne parle jamais de la situation sur le marché du travail et des 7 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, de la réduction de l’assurance chômage, des femmes obligés d’abandonner leur boulot pour s’occuper de leurs enfants ou des communes surrendettées… Ça on n’en parle jamais.» En tout cas pas beaucoup. Et surtout pas dans un PS dont le gouvernement avec son pacte de compétitivité et les prochaines modifications du code du travail est taxé, à gauche, de suivre la voie des réformes libérales du chancelier SPD Gerhard Schröder.

Estelle Grelier parle librement. Sans un brin de cette langue de bois qu’on retrouve chez beaucoup de jeunes socialistes fraîchement arrivés au Palais Bourbon. Cette Vendéenne de naissance, «tombée amoureuse du Pays de Caux», ne cache pas d’avoir «adoré» être députée européenne entre 2009 et son élection à l’Assemblée en juin 2012. Aujourd’hui membre de la commission Affaires européennes à l’Assemblée, elle regrette que cette instance n’ait pas de vrais pouvoir comme dans d’autres pays de l’UE.

A Strasbourg et Bruxelles, elle a aimé le côté «multiculturel», les«rencontres» et surtout le fait qu’il y ait «moins d’enjeux avec les médias»«Cela permet beaucoup plus de sérénité et un temps donné à l’élaboration de la norme plus long et plus satisfaisant», estime-t-elle. Quant au petit monde de l’Assemblée nationale: «Il faut s’habituer à ne pas avoir d’amis ou à bien les choisir pour ne pas se retrouver avec un couteau dans le dos, lâche-t-elle. On a l’impression que les gens se prostitueraient pour voir leur tête à BFM-TV.»

«Pas besoin de trahir pour bien se sentir»

Pour cette fabiusienne pur jus, proche du numéro deux du PS, Guillaume Bachelay, «il n’y a pas besoin de trahir pour bien se sentir». Ancienne directrice de cabinet de Patrick Jeanne, maire PS de Fécamp, Grelier a déjà connu, à 39 ans, un paquet de mandats: européen, municipal à Fécamp (2001), régional en Haute-Normandie (2004) et, depuis 2001, présidente de la communauté de communes de Fécamp. Ça aussi elle adore: «Je suis une militante du fait intercommunal. C’est par les intercommunalités qu’on arrivera à faire bouger les choses.» Ce qui fait qu’elle cumule: «Mais si on sait s’organiser, on peut y arriver», défend-t-elle tout en jurant qu’elle se pliera à la loi sans moufter quand elle arrivera.

Après le congrès de Toulouse, Grelier est devenue la madame Europe du PS. Harlem Désir lui a demandé de piloter une «grande convention» prévue dans six mois. Opposée au traité constitutionnel européen en 2005, elle a défendu, comme tous les fabiusiens, le traité budgétaire européen l’an passé. «Mais le contexte était différent»,justifie-t-elle, sans plus. Elle va aussi lancer de nouveaux groupes de travail entre socialistes français et sociaux-démocrates allemands.

Une correspondante et un DESS

L’Allemagne, Grelier y a touché de près. D’abord «comme tout le monde», dit-elle, en faisant allemand première langue. Puis un voyage du côté de Bielefeld, dans le nord de la Ruhr, chez une correspondante avec qui elle dit avoir toujours des liens, puis un DESS franco-allemand à l’institut d’études germaniques de Strasbourg. Au milieu des années 1990, elle a son premier job à Bonn, grâce au programme d’échange entre l’Assemblée nationale et le Bundestag. Elle travaille alors comme attachée parlementaire du député social-démocrate, Jörg Otto-Spiller. Aujourd’hui, elle dit retourner à Berlin deux à trois fois par an.

Grelier assume avoir «mauvais caractère» — «Vous pouvez interroger Fabius là-dessus! Il va vous dire que je change pas d’avis» — mais elle semble aussi avoir le goût de la plaisanterie et de l’autodérision. Divorcée, sans enfants et vivant maritalement, elle aime se baigner dans la Manche, jouer au basket et voir ses «potes» qui ne font pas de politique. Quant à l’Allemagne, elle compte sur les mois qui viennent pour régler ce «problème de génération» socialiste. «L’UMP a réussi à imposer Bruno Le Maire sur ce thème, pointe-t-elle. A nous de nous nous en saisir.» Avec Matthias Fekl, député de Lot-et-Garonne et binational, elle souhaite montrer que, au PS, il n’y a pas que Jean-Marc Ayrault et Jean-Louis Bianco qui parlent et s’intéressent à l’Allemagne.«Est-ce que les Allemands de notre génération ont envie de nouer des relations avec la France?, s’interroge-t-elle. Mais notre travail avec le SPD va nous permettre d’identifier des gens intéressés.» Et, rêve-t-elle,«peut-être qu’on les verra arriver en septembre au Bundestag…»

Source : Libération